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mardi 17 juillet 2012

Field sur bécassines, paroles de spécialistes

                                      Challenge européen sur bécassines 2011

         Je tiens à remercier le pointer club qui m a fait l'honneur et le plaisir de le représenter pour juger le challenge européen  sur bécassines  2011, ainsi que le setter club qui nous a reçu et organisé ce challenge , comme d'habitude à COUERON , et THIERRY DE SORBAY qui est l'âme de ce field et qui m'a fait découvrir ses territoires .

         Je pratique la chasse de la bécassine, depuis 50 ans . J'ai commencé avec les irlandais et les labradors de mon grand père , puis des épagneuls bretons et des drahthaars ; et depuis vingt  ans avec des pointers et des springers. On trouve d'excellents chiens dans toutes les races , mais il vaut  mieux choisir son compagnon dans des lignées de chiens à bécassines , ou issus de champions de fieds de  printemps, car les qualités requises sont les même  .C'est toujours avec le même plaisir et la même passion , que je pratique cette chasse , je ne la conçois que derrière un chien d'arrêt avec un retriever ou un broussailleur  , ces derniers étant utlisés pour lever le gibier  devant les chiens d'arrêt et parfois pour le rapport  .

          J'ai découvert les fields trials sur bécassines à la Sansgsurière , à l' époque il n'y avait qu'un field par an . Par la suite avec l'appui de Mr DAGES , Mr DARRIGADE et Mr PILARD et la Canine de BASSE NORMANDIE  , nous avons avec Mr SICLET développé ce  type d'épreuve .Tout de suite la façon de juger a été  évoquée parce que de passer de un à une dizaine de fields par an , changeait la donne ; et ce d'autant plus que les présentateurs étaient des spécialistes de cette chasse . La bécassine n'est pas le perdreau, les chiens chassent , dans les deux cas , en émanation directe, mais l'attitude de la bécassine  n'est pas la même face au chien et à l'homme , le biotope est différent : plus humide  et la terre plus froide , parfois salée , ce qui fait que son émanation n'est pas toujours constante et qu'elle varie en fonction des conditions climatiques . Certains jours  le chien  a plus de difficulté à  arrêter les oiseaux , de plus il y a des territoires où l'on peut trouver plus d'une centaine d'oiseaux sur 4 ou 5 hectares ,  ces conditions sont extrêmement difficiles  pour  un chien  , mais celui qui va arrêter en remontant une bécassine au milieu de toutes les émanations a sûrement des qualités et  un nez exceptionnel  .C'est l'expérience acquise à la chasse ,  derrière les chiens qui doit nous aider à prendre dans ces circonstances les bonnes décisions , la grande quête nous montre l'exemple :   à circonstances exceptionnelles le jugement doit l'être , aussi tolèrent ils les oublis dans certain cas pourquoi pas à la bécassine ? Les résultats dépendent avant tout des chiens et des conducteurs , mais aussi des juges, ce sont eux qui conduisent le concours, qui décident  d’où et comment lancer les chiens sur le terrain , de choisir la façon de chasser( face au vent ou vent dans le dos) ,d'emmener leur concours dans les endroits où ils pensent trouver les oiseaux , de donner quelques conseils au conducteur si besoin s'en fait sentir , et comme disait mon maître Roger DAGES "c'est toujours plus facile de laisser faire que d'intervenir" , mais c 'est l’ ensemble de ces petits détails qui font la réussite d'un parcours et du concours qui permettent aux chiens de s'exprimer au mieux  et de nous montrer toutes leurs qualités de chasse .

         J'ai jugé ce challenge avec  Mr R 0' DWYER ,  président du red club irlandais , il est arrivé le vendredi , et évidemment nous avons évoqué tout ce qui précède pendant le dîner . Ce fut d'autant plus facile qu'il créance et dresse tous ses jeunes chiens sur les bécassines et qu'il pratique cette chasse avec passion   , de plus c'est un  être qui a de grandes qualités d'homme et une connaissance exceptionnelle des chiens et de la bécassine . Entre chasseurs nous ne pouvions que nous entendre et sur le terrain , quand il y a une entente parfaite  , cela retentit sur l'ambiance du concours et sur les prestations des chiens .

          Je vous livre l'article qu'il a écrit en anglais à cette occasion , je l ai traduit en essayant de garder le phrasé anglais , ce qui ajoute un peu de piment au texte et nous rappelle sa façon de s'exprimer en français :
                                                                                            
                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

            La chasse  de la bécassine au chien d'arrêt est une tradition qui trouve ses racines en Irlande, les îles occidentales  de l'Ecosse, en  Russie et dans certains pays   du continent ,  qui possèdent des territoires , et suffisamment d'oiseaux,  pour pouvoir pratiquer ce sport de manière intéressante. Pour le  chasseur  la rapidité et l'imprévu du vol , la difficulté du terrain  exigent une coordination parfaite des jambes et du corps pour avoir la chance de réussir , avec succès , un tir .

            Pour le chien les défis ne sont pas  moindre : finesse de nez, précision de l'arrêt  , arrêter   l'oiseau plutôt que la place chaude , tout ceci exige un chien parfaitement créancé et sûr , s' ajoute le style, sa façon de travailler,  et trouver les oiseaux  , s'il a  toutes  ces qualités , c'est certainement un chien  exceptionnel.

            Tirer des bécassines ,  à l'arrêt de mes chiens a toujours été ma passion , j ' aime ça autant qu'au premier jour. L' instinct sauvage , l'imprévisibilité, la beauté des terrains  où l'on peut  la trouver et la chasser, combiné avec la joie extrême de pouvoir utiliser les meilleurs setters pour les chasser ,  m ' exalte toujours autant  .Aussi , quand le red club  français m'a  demandé ,  si je voulais bien  les représenter et  juger le challenge européen sur bécassines   de cette année , j' ai accepté   . Organisé par le club du Setter Anglais l'événement avait lieu le 12 et le 13  février sur les marais  près de l'embouchure  de  la Loire ,  près de Nantes. L'organisation de ce field a été très efficace ,  et était sous les bons offices de Thierry de Sorbay.
                                                                                                                                        
                                                                                                                                              
            Le terrain était  un marais typique , contrôlé par le pâturage du bétail ,les roseaux sont  coupés pour permettre à l'herbe de repousser, donnant  à la terre une combinaison de repousse de roseaux et
 d 'herbes , entrecoupés de fossés de différentes largeurs et de profondeurs , typiques de ce pays.

            Le gagnant du challenge doit avoir au moins un classement  au cours de ces deux jours , un  système de points évalue chaque récompense. Les règles de jugement sont basées sur l'expérience ; oubli d'un  oiseau n'est pas forcément immédiatement éliminatoire, cependant si le chien en  indiquant un oiseau , le laisse ou le fait voler ,  c' est une autre histoire. Pour n'importe qui ,  avec l'expérience de cette chasse ,  ces règles semblent absolument raisonnables , parce que si à la chasse on intervient sur le chien , à chaque fois qu'un oiseau vol dans le ciel , on finit par  casser la confiance du chien ,  ce qui a pour résultat constant une recherche prudente des oiseaux et des faux arrêts.

            Pour le challenge ,  il y avait deux concours en couple  chaque jour avec CAC   et un CACIT .
J' a eu le plaisir de juger les deux jours avec Dr. Franky LHomme qui représentait le pointer club français . C'est un  chasseur  et un juge expérimenté  avec une grande passion et connaissance du chien,  et un épicurien. Nous avons eu un temps  agréable  pendant deux jours et  nous n'avons pas eu la moindre difficulté dans nos prises de décisions ,  car  nous étions en communion de pensées . Les juges ont changé de batterie de chiens le deuxième jour ,  et de cette manière nous avons pu voir tous  les chiens qui étaient en concurrence pour le challenge .
                                                                                                                                                                                                                                                                                       
.

Mon impression globale au cours des deux jours a été très positive, l'épreuve se déroulant de manière très sportive . Avoir su accepter la bécassine comme « oiseau de la vérité   » est une excellente chose ; et l'idée   française d' avoir une catégorie de CHT spéciale  pour les chiens qui ont gagné ce titre sur le gibier exclusivement sauvage comme le coq de bruyère  , la bécasse  , la bécassine et la perdrix; bien faire la différence  entre les  chiens qui concurrent sur gibier sauvage et ceux sur gibier lâché est une proposition très positive et raisonnable. Sur la même voie ,  les fields trials français ont su garder leur relation entre la chasse et leur sport , et il est bien connu que si l 'on perd cette connexion , les fields deviendront une farce .

Un grand merçi pour l'invitation à juger , ce fut un grand plaisir de rencontrer de vieux  et des nouveaux amis et de partager ce merveilleux événement .
                                                                      
                                                                                             
R O'DWYER

                   ( article traduit  par FRANKY LHOMME )
                                                                                             
                                                                                                                                                                                                                                              

dimanche 8 juillet 2012

LES BORDS DU DAN

                                            L’élevage du bord du Dan
Nous ne quitterons pas l’ouest de la France sans rendre visite à un élevage réputé et connu de tous les griffonniers, l’élevage des bords du DAN, créé et géré par le sympathique et attachant Gilles JOUET.

Passionné de chasse, Gilles achète en 1980 son premier griffon, Runder de la Réoté, chez le regretté Claude Guy, un autre fameux griffonnier dont nous aurons l’occasion de reparler.
En 1989, il démarre son élevage avec Clye de la Réoté qui devient TR P + GN + CHIB.
                                                                  Clye de la Réoté
Son élevage produit des Korthals qui ont une qualité de poil impressionnante et c’est tout à fait naturellement que nous retrouvons les « bord du DAN » en bonne place dans toutes les expositions et les Nationales d’élevage.
                                                    Lot d'élevage des Bords du Dan
Mais le beau n’est rien sans le bon et là aussi les « Bords du Dan » sont présent avec notamment, Targa des Bords du Dan qui remporta la NE à Rivesaltes en 2006 ainsi que de nombreux CACIB, mais est aussi CH A /P/ CNB / CIB et une sélection en coupe d’Europe. Runder des Bords du Dan remporta le championnat de Paris. Max des Bords du Dan (CHT P/ CHT) a lui à  peu près  gagné tout ce qui pouvait l’être en expo, les prix Urbain FABRE et Dutillieux,, la clochette d’or et la coupe d’Europe des griffons Korthals.
                                                             Mader des dords du Dan
Pendant ce temps d’autres Bord du Dan font carrière à l’étranger, comme Toulouse, Pirate, Excel, en glanant des lauriers en Belgique et au Canada.
                                                  Pirate et Toulouse des Bords du Dan
Gilles JOUET dresse et présente lui-même ses chiens en field, mais pour les grandes épreuves, il confie ses élèves à Dominique GUILLON.
                                                      Toulouse des Bords du Dan
 Parallèlement Gilles s’est aussi investi dans la destinée du CFGAPDK depuis les dernières élections  en rejoignant le comité directeur, avec comme objectif prioritaire et quasi exclusif, la promotion et la défense des intérêts du griffon.
                                                             Runder des Bords du Dan

dimanche 24 juillet 2011

LES RIVES DE L'AURE

Continuant notre visite des élevages amateurs qui ont marqué de leur empreinte notre griffon, après l’étoile d’Heudicourt nous descendons en Normandie pour rendre visite à Yves Lehericey propriétaire de l’affixe des rives de l’Aure.

Yves, bonjour, pourrais tu nous présenter ton élevage :
Mon élevage se trouve en Normandie à proximité du Cotentin ou je chasse la bécassine, mon gibier de prédilection avec la bécasse; je possède une petite dizaine de chiens, jeunes et adultes.


Serpette des rives de l'Aure

Depuis quand élèves tu :
 J'élève depuis 1983, j'ai commencé un peu par hasard, mon voisin me vantait les qualités de sa griffonne à la chasse, j'ai donc acheté une chienne chez Mr Langlois, cette chienne était très chasseuse, je l'ai présentée au TAN à Meslan en Bretagne et comme ce jour là elle fut la meilleure. Mr Kerspern  m'a encouragé à la présenter en field, ce que j'ai fait, j'ai réussi à la mettre trialer et sur sa 1ere portée j'ai gardé Viking que j'ai également mis trialer et la dessus cela s'est enchaîné j' ai ensuite classé Cahia, Cibelle, etc..

Pourquoi le griffon:
Le griffon est un chien rustique qui me convient pour la chasse au bois et au marais, de plus il a un caractère en or et il est assez facile à dresser.

                                                             Field de Varang 2007
Une visite sur votre site http://www.lesrivesdelaure.fr/, nous démontre que vous avez produit nombre de champions tant en travail qu’en conformité, avez-vous un secret ?, :
Non il n'y a pas de secret, j'essaie de faire reproduire des chiens bien typés et surtout qui ont la passion de la chasse, c'est la qualité que je recherche avant tout. La réussite en élevage pour moi, c'est, de bons géniteurs, un peu d'intuition pour faire les bons mariages et un peu de réussite, rien n'est acquis à l'avance c'est ce qui fait l'intérêt de l'élevage.

Hudson des rives de l’Aure fut un grand champion, à une époque où les griffons n’étaient pas très nombreux à ce niveau, il fut l’un de ceux qui ont ‘’ouvert la voie’’. Pour un élevage amateur cela ce vit comment, un après Hudson ? :
Cela se vit très bien, en effet Hudson a été un bon raceur, il a produit une bonne vingtaine de CHCS et de CHIB et un peu plus de trialers et champions de travail dans son pédigrée on retrouve des deux côtés des griffons très connus Viking de San Germano, Ranger, Lucky des vieilles Rouches, Rolls et la fameuse Serpette. En fait j'ai profité de la sélection des éleveurs avant moi.
J'ai actuellement d'excellents griffons, Serpette II, Usano, Calia et des plus jeunes, mais des Hudson on en trouve pas à tous les coins du bois.


Usano des rives de l'Aure


En ce qui concerne, le dressage de vos chiens, comment procédez  vous ? :
Je débourre tous mes chiens, j'en ai dressé et classé plusieurs moi-même mais quand j'ai un sujet qui me semble avoir des qualités au dessus de la moyenne, je le mets chez un professionnel. J'ai confié des chiens à Mrs Didier Desjardins, Bernard Faussurier et Emmanuel Bourgeois.

Une question dans l'air du temps, pensez vous que l’on peut chasser avec des chiens de field ? :
J'ai toujours chassé avec mes chiens de field sans problème, il suffit d'une petite reprise en main avant les concours pour les remettre en ligne.

Si vous aviez un conseil à donner à un jeune griffonnier, quel serait-il ? :
Je lui dirais d'observer les autres tant en expo qu'en field, j'ai moi-même beaucoup appris en regardant les gens qui avaient de l'expérience et s'il veut faire de l'élevage être persévèrant, si ça ne marche pas au début il faut recommencer, pour apprendre il faut mettre les mains dedans, l'élevage ça ne s'apprend pas que dans les livres.

Pour terminer, quel est votre souhait concernant l’évolution de notre barbu ? :
Nous avons aujourd'hui d'excellents griffons qui peuvent rivaliser avec les meilleurs et je souhaite qu'ils continuent a nous donner autant de plaisir à la chasse et en concours.

Fred LEGLAND.

samedi 23 juillet 2011

Le choix du chiot

Le choix du chiot
                                                                                L’ouverture approchant, nombre d’entre vous cherchent celui ou celle qui assurera la relève de leur griffon vieillissant. Autrefois c’était plus simple et se passait plus localement : "Albert "avait une bonne femelle de griffon que vous connaissiez  et il la faisait saillir par le mâle de "Louis" que tout le monde connaissait pour ses capacités cynégétiques. Cela n’assurait pas que des champions, mais pour le moins d’honnêtes partenaires pour vos journées de chasse que le gibier abondant et peu farouche passionnait rapidement.

                                                                             Aujourd’hui, les choses ont bien changées, le gibier sauvage est plus rare et moins coopératif qu’autrefois, les journées de chasse sont moins nombreuses et pour beaucoup d’entre nous, les exigences professionnelles nous ont contraints à s’éloigner de nos bases natales.


                                                                            Dans ces conditions, la meilleure formule pour acquérir un chiot est de se tourner vers la bourse aux chiots du club: http://www.griffonkorthals.fr/  et si j’en juge par les nombreux appels téléphoniques que je reçois à ce sujet, vous êtes tous très soucieux de la qualité des parents de votre futur protégé et c’est très bien.

                                                                           Où cela se complique, c’est lorsque vous abordez l’analyse de la cotation de la portée dont vous retrouverez les éléments sur le site du club à la même adresse que précédemment. Vous avez bien sûr remarqué que la cote de la portée est l’addition de celles des parents et qu’une même valeur de cotation peut s’acquérir de plusieurs manières. Pour illustrer mes propos prenons l’exemple d’une portée cotée 6, elle peut être obtenue par l’addition des cotations , 5+1, 4+2 ou 3+3, ce qui n’induit pas du tout les mêmes attendus. Sans préjuger de la valeur effective des géniteurs cotés 1 ou 2, il n’en demeure pas moins évident que c’est seulement à partir de la cote 3 que le chien a obligatoirement obtenu des résultats en épreuve de travail permettant ainsi à d’autres que son maitre de juger de sa valeur sur le terrain....Bien entendu d'autres éléments plus subjectifs peuvent déclencher votre choix et dans ce cas...la voie du coeur fait parfois bien les choses.

Fred LEGLAND.

LES T.A.N

En cette période estivale, se déroulent les Tests d’Aptitudes Naturelles. C’est un des moments les plus importants de l’année pour la vie du Club : l’observation du cheptel en morphologie et en aptitudes, le contact avec les propriétaires, la réactivation des délégations, doivent occuper toute la journée des responsables présents.

Si cette épreuve est un examen, les examinateurs doivent être également des éducateurs pendant le parcours du chien et après celui-ci en commentant son déroulement, en mettant en valeur les actions positives et en essayant de donner des conseils pour améliorer les points négatifs. Tous ces commentaires peuvent profiter à tous les concurrents et on aborde ici toute l’importance de l’examinateur de TAN qui doit savoir être observateur, pédagogue et qui doit donc bien connaître le fonctionnement du chien d’arrêt et les principes de son éducation.


Pour prendre le contre-pied des articles habituels, nous allons recenser les situations où le chien ne peut avoir le TAN :

- La première est celle où notre élève tourne en rond, regarde sans cesse son maître, va voir les concurrents au bord du chemin. En bref, celui-ci ne sait pas vraiment pourquoi il est là, il ne chasse pas,  ne montre pas sa passion et donc ne peut avoir le TAN . Au passage, il suffirait peut-être de l’envoyer quelques minutes sur un terrain d’entraînement, de lui acheter un ou deux gibiers pour le voir se transformer .

- La seconde est la situation où le chien ne marque pas l’arrêt, c’est-à-dire ne s’immobilise pas au moins 5 secondes (on dit « mille un, mille deux, mille trois ») avant d’aller faire voler le perdreau qui se défile devant lui. C’est souvent le cas des chiens qui ont été travaillés sur du gibier facile qui se repose tout de suite après l’envol et que le chien va capturer ; après deux ou trois captures, le chien va directement sur le gibier et oublie d’arrêter : il cherche l’efficacité et c’est bien là une faute d’éducation qui n’arriverait pas sur du gibier sauvage. La solution est de reprendre le cordeau pour affirmer cette fermeté d’arrêt caractéristique de nos chiens.


- La troisième est le manque d’équilibre souvent caractérisé par la peur du coup de feu. Au coup de revolver, le chien, la queue dans les pattes, repart vers son maître ou à la voiture.

Ces situations d’échec sont donc bien caractérisées, faciles à identifier pour le juge et faciles à travailler pour le maître. Rappelons au passage que si le TAN est un examen, il n’y a pas lieu d’établir un classement (donc pas de grand ni de petit TAN). Depuis déjà longtemps, et pour ces raisons, je n’organise plus de barrage en fin de journée où de toute façon, les jeunes chiens sont souvent perdus en courant en couple.

 Pierre DEBRET.

LES CONCOURS SAINT HUBERT

Adhérent au club du griffon Korthals depuis novembre 2007  et heureux propriétaire de CASSY, Georges FARENG représentera la France au championnat du monde du concours ST HUBERT 2011. Il a bien voulu répondre à nos questions, Planète KORTHALS l’en remercie.
                        
PLANETE KORTHALS : Pour un amateur comme vous quel a été le déclencheur de cette passion pour les compétitions.
Georges FARENG :
J’avais déjà entendu parler de field trials et voulais en savoir plus sur ces compétitions. Avant de choisir Cassy, j’ai suivi quelques concours en spectateur. Je voulais observer plusieurs races continentales ( dont le griffon Korthals ). Lors  de ces journées, j’ai eu la chance de pouvoir suivre Michel LANGLAIS, un juge de travail bien connu. Ce dernier m’a expliqué en quelques heures tout ce qu’un débutant devait savoir sur les field trials. Ses explications étaient tellement claires qu’il m’a semblé évident de tenter l’aventure. De plus, le côté « compétition » me convenait et donnait un piment supplémentaire à ce que je considérais de toute façon comme de la chasse . Nous avons commencé à participer aux premiers fields en 2009.


P.K   Depuis quand faites vous le St Hubert.
J’ai participé pour la première fois au concours St Hubert un  25 octobre 2008, Cassy avait tout juste un an. Nous avons gagné le concours départemental et avons donc été sélectionnés pour la finale régionale. Cette finale gagnée, nous sommes allés en finale nationale en Sologne. Nous n’avons pas eu de chance au tirage au sort, nous devions passer en dernière position. La totalité du territoire avait déjà été prospectée par les autres concurrents et notre manque d’expérience a fait le reste. Nous avions fini quatrième.
La deuxième année, en 2009, Cassy était parfaitement préparée. La saison de  « gibier tiré » avait servi d’entraînement. Nous étions prêts mais St Hubert n’était toujours pas avec nous. Nous avons eu un parcours sans oiseau et venir à Rambouillet pour ne voir aucun faisan  ???
La troisième année s’annonçait plutôt mal. Nous avions gagné en finale régionale de belle manière mais Cassy venait juste de « tomber en chaleur ». Heureusement pour nous, la finale à Rambouillet fût reportée pour cause de neige et c’est en janvier que nous avons pris la direction de la chasse présidentielle. Je devais passer en septième position, juste avant le dernier candidat, un professionnel avec sa chienne braque allemand championne de travail. Le temps m’a paru très long. Présent à 7H30 sur le domaine, je devais passer vers 14H00. Le concurrent me précédent était le premier à avoir prélevé deux faisans. La barre était placée assez haute. Après ma présentation, lorsque j’ai lâché Cassy, j’ai senti qu’elle allait faire un grand parcours … Et ce fut le cas. Notre parcours était presque parfait et nous fûmes déclarés vainqueurs.


P.K   qu'est ce qui vous attire dans le St Hubert.
G.F   le concours St Hubert est une discipline à part. Pour gagner, il faut beaucoup de concentration de la part du chasseur qui doit, en plus de conduire son chien, faire attention à son comportement, choisir les meilleures options pour prospecter le terrain…. Tout doit être le plus « parfait » possible. Cela demande du travail. Le chien n’est pas le seul à être jugé. Ce qui compte, c’est le couple « chien / chasseur ». C’est un exercice  très proche de la chasse avec en plus peut être le souci de l’efficacité car pour gagner, il faut quand même prélever en un laps de temps très court ( 20 minutes ) le gibier prospecté.

P.K_  Vous qui faites aussi du field, quelles différences y trouvez vous.
G.F   le chien n’est pas comme en field trial le seul acteur à être noté. Lors du concours St Hubert, l’action du chasseur est prépondérante. Il guide le chien comme en field mais doit en plus tirer tout en respectant un certains nombre de règles et en conservant un comportement irréprochable … Tout ceci demande une certaine maîtrise ou du moins une bonne assimilation de la discipline par le chasseur.


P.K    Vos projets
G.F :  Je voulais participer comme l’année dernière aux quatre jours en Vanoise mais je vais faire l’impasse et me concentrer sur la préparation de la chienne pour le championnat du Monde en octobre prochain.
P.K : Si nous parlions un peu de votre chienne .
G.F : Cassy a trois ans et demi elle est née le 10 septembre 2009, elle est arrivé chez nous le 11 novembre 2007. Elle est la fille de Umberto des Grandes Origines ( CH P, A, T, CS, IB, ESB ) et de Souris des Grandes Origines ( CH P, A, CS, IB ).
Cassy est CHA ( en une saison avec 11 classements sur 13 présentations ), et CHP ( en deux saisons avec 12 classements sur 22 présentations ). Cassy est une chienne très intelligente, douée d' un très grand nez et d’un bon physique. Elle est passionnée. Son obsession : faire plaisir à son maître. Les conditions climatiques où elle est la « meilleure » : tempête de vent, froid, pluie … Son point faible : elle craint la chaleur comme beaucoup de chiens d’ailleurs.

P.K :  Pensez vous la faire reproduire, avec qui ? Pourquoi?
 G.F : je réalise que Cassy a des qualités supérieures à la moyenne et qu’il serait dommage de ne pas la faire reproduire. Je n’ai pas encore décidé quel serait le mâle même si j’en ai un ou deux en tête.


P.K :   Par rapport à la chasse que vous pratiquez  et votre participation aux  Fields , quelles en sont les contraintes  par rapport à un chasseur qui ne fait que chasser avec son chien .
G.F : les principales contraintes : ne pas tirer si la chienne n’a pas arrêté le gibier, ne pas tirer le gibier à poil, chasser sur de courtes séances ( 3/4H à 1H30 maxi en saisons de chasse ), réduire encore les séances et ne plus prendre le fusil en préparation de la saison des field trials….

P.K : En octobre ce sera le grand rendez-vous, le championnat du monde  ST HUBERT y aura-t-il une préparation spécifique.
G.F :  Cassy aura un entraînement physique d’entretien pendant la période qui nous sépare de cette échéance. Début septembre, elle aura un entraînement du type « gibier tiré » dont les dernières séances se passeront dans les Landes

P.K : A la chasse, n’est-ce pas aussi un moment privilégié  aux côtés d’une chienne exceptionnelle.
G.F : j’ai beaucoup de plaisir à chasser avec elle … La chienne fait tout pour me faire plaisir. Elle est parfaitement « mise » et j’ai complètement confiance en elle. Je vois une différence énorme entre la façon dont je chassais avec mes précédents chiens et ma façon de chasser avec Cassy  … Clairement, c’est le chien qui a fait évoluer le maître !

Interview de Bernard Loisel.

vendredi 22 juillet 2011

Les dresseurs professionnels

Entretien avec André HARDUIN

C’est au cœur de la Picardie, à Bettencourt St Ouen que nous nous rendons, pour rencontrer une figure emblématique du monde des dresseurs professionnels, André Harduin.

Après vingt six ans de dressage et d’élevage, orientés surtout vers l’épagneul breton, avec l’affixe fameux « du bois de Vauchelle », André Harduin a choisi depuis 6 ans de ne plus se consacrer qu’au dressage. Cette longue carrière au service du chien fut récompensée par plus de 70 champions de travail, 12 sélections en coupe d’Europe et 14 en coupe du monde dont une fut gagnée en individuel et une autre en équipe.

Fred Legland : Dites nous André, combien accueillez vous de chiens pour le dressage ?

André Harduin : En général, j’ai toujours une quinzaine de chiens dans mes chenils.

FL : Beaucoup de ces pensionnaires vous sont confiés pour un dressage chasse et sûrement quelques uns pour le field ….

AH : Effectivement, on peut considérer que je dresse annuellement une quinzaine de chiens pour le field et plus de quarante pour la chasse.

FL : Vous avez toujours eu des griffons parmi vos élèves, mais il semble qu’au fil du temps leur  nombre soit en sensible augmentation.

AH : Oui, c’est vrai et c’est tout à fait normal, les chasseurs recherchent des chiens passe partout, rustiques qui ne craignent ni l’eau , ni la ronce et qui soient souples au dressage. De plus le Korthals est très sociable en famille. En ce qui concerne les fields, j’ai notamment eu Leritz de la Copéane, Riri des Grandes Origines, Senghor et plus récemment Big-boss des Plaines du Mare à l’eau qui m’ont donné beaucoup de plaisir, mais ce n’est pas fini, j’ai actuellement quelques espoirs dont nous reparlerons !!!

FL : Justement, une rumeur circule selon laquelle, un chien de field  ne serait pas approprié pour la chasse, vous pourriez nous donner votre opinion la dessus ?

AH : Vous savez, ceux qui font circuler cette fable n’ont certainement jamais eu un bon chien de field ! Il ne faut surtout pas oublier qu’avant de se lancer dans les field-trials, il faut qu’un chien ait chassé, bien et beaucoup pour acquérir le niveau.

FL : Selon vous, à quel âge faut il amener un chien au dressage.

AH : Tout d’abord, il faut comprendre qu’il y a comme pour les enfants, une gradation dans leur apprentissage qu’il faut respecter sans en bruler les étapes. Certains maitres apportent au dresseur des puppys qui n’ont pas fait leur classe enfantine et voudraient les récupérer six semaines plus tard avec le bac en poche !

Disons qu’entre deux à six mois, il importe que son maitre le sociabilise, lui apprenne la propreté à la maison, la marche en laisse et tout ce qui nous sert à communiquer avec lui au quotidien. Mais aussi et surtout, le contact avec la nature les rencontres avec le gibier et les animaux qu’il sera amené à voir lors de ses sorties futures. C’est la meilleure période de sa vie pour lui apprendre son éducation de base, tout retard pris à ce niveau, sera ultérieurement plus délicat à rattraper.

Pendant cette période, il ne faut surtout pas vouloir le dresser face au gibier, cela risquerait de freiner l’éveil de son instinct de chasseur, au contraire il faut qu’il poursuive le gibier pour prendre goût à la chose, laissez lui faire des bêtises, il sera bien temps plus tard quand la passion sera installée de débuter son dressage.

Une fois sa maternelle effectuée, il faut idéalement attaquer l’école primaire en l’emmenant à la chasse, pour que sa passion grandisse et surtout ne pas se formaliser de ses sorties de mains qui seront inévitables au fur et à mesure que sa passion grandira. Le dresseur saura en temps voulu canaliser ses ardeurs, mais plus difficilement lui en donner ! S’il est sensible, évitez de l’emmener les premières fois dans des chasses commerciales où il pourra certes, voir du gibier en nombre, mais entendra sûrement ,bien avant, des fusillades dont il ne comprendra pas le sens et risquera de prendre peur !

Une fois cela acquis, il est prêt pour attaquer ses études secondaires chez un professionnel et pourquoi pas, s’il est brillant, à la suite les études supérieures en tentant l’aventure des fields.

jeudi 7 avril 2011

Editorial

Fred LEGLAND
Soyons clairs !

Notre protégé est un chien formidable qui a su épouser l’évolution de nos besoins au cours de ces quarante dernières années, tout en restant ce que son fondateur, Edouard Karel KORTHALS, avait souhaité : le trait d’union entre les chiens anglais et les continentaux, polyvalent et endurant.

Qui sommes nous ? Des passionnés du griffon Korthals, avec qui nous chassons, que nous produisons, élevons, dressons et présentons en Field-Trials et aux Expositions .

En principe, délégués du club, investis dans son fonctionnement de terrain, entendez par là que nous organisons ou participons à l’organisation des TAN, Field-Trials et Expositions du club, toujours disponibles pour répondre aux attentes des propriétaires ou futurs acquéreurs de griffons.

Alors me direz- vous, quel est l’intérêt de votre site, si c’est juste un clone du site officiel ?

Le site du CFGAPDK est le site de tous les Griffonniers et à ce titre, sa vocation institutionnelle le limite dans un carcan administratif que nous n’avons pas. Notre mission sera donc d’apporter un éclairage différent sur l’actualité cynophile en général et griffonnière en particulier, de faire connaître tous les acteurs professionnels ou amateurs qui valorisent notre chien, de réagir contre toutes les attaques qui pourraient lui nuire.

Pour ce faire, nous allons mettre à votre disposition notre site qui visitera à travers ses différentes rubriques l’ensemble de ceux qui travaillent chaque jour dans l’intérêt de notre race. Nous espérons ainsi apporter notre contribution au développement  et  à la défense de notre  barbu.

Le concours des chasseurs

Le club du griffon KORTHALS pense aux chasseurs griffonniers.

Il faut saluer l’initiative du club du griffon Korthals d’intégrer  celles et  ceux qui possèdent un griffon non trialisant et qui un jour, auraient aimé tenter cette expérience, mais que les circonstances ou les choix, ne permettaient pas de se retrouver dans ces manifestations.
                                                                    
Aujourd’hui, grâce au « concours des chasseurs », le club du griffon KORTHALS a pensé dans sa généralité, aux chasseurs qui possèdent un griffon, inscrit au LOF ou PAS, et qui n’ont jamais classé leur chien en field.                                                                                                    

Il a organisé le 12 novembre dernier le 1er « concours des chasseurs » en forêt de GIROUSSENS (81), sur une partie d’un magnifique territoire, de 680 ha de forêt.

Cette épreuve réservée à tous les chasseurs griffonniers, où chacun a participé sans complexe ni appréhension, dans une ambiance de chasse, et a vu évoluer son compagnon, dans les conditions identiques de la compétition, avec le même accompagnement, mais sans les contraintes éliminatoires.

Pour cette première édition, pas moins d’une vingtaine de griffonniers sont venus y participer, tous fiers de montrer leur copain de chasse. Des personnes qui, habituellement, nous ne rencontrons pas sur les terrains.                                                                                                        

Lors de cette journée, tous ont profité de nombreux conseils de la part de leurs collègues, venus concourir en field  sur les terrains adjacents. Sur les chemins, initiés et chasseurs attendaient leur tour de passage. On pouvait observer de petits groupes, où les conversations allaient bon train, chacun n’hésitant pas à poser sa question. Nous étions véritablement au coeur de la chasse dans une ambiance de chasse.

Les juges  ont joué un rôle pédagogique et prodiguaient à chacun, les conseils adaptés au parcours de leur griffon. Le conducteur avait droit lui aussi en fin de parcours, à son cours particulier.

Tous les participants ont été conquis par cette première. Certains parlaient de présentation au Tan, à une expo, de rapport à terre, en somme une Régionale ! Les prémices d’un engouement, et pourquoi pas de futurs conducteurs en field. Ces concours permettront certainement de découvrir des potentiels dans les chiens présentés.

Dans une salle bien chauffée autour d’un bon repas, les commentaires des participants ne laissaient aucun doute sur leur satisfaction de la journée. Chaque concurrent a reçu une coupe en fonction d’un classement ou de sa participation.

Vu le succès de ce premier concours de chasseurs, nous espérons qu’il sera pérennisé et s’étendra à d’autres régions, pour la plus grande satisfaction de tous les chasseurs griffonniers.

Bernard Loisel

Visite de l'Etoile d'Heudicourt

Gérard HOCQUET

Aujourd’hui, nous rendons visite à Gérard HOCQUET, propriétaire du plus vieil affixe actif de griffon Korthals français, « l’Etoile d’Heudicourt », élevage d’élite.

Ce personnage, haut en couleurs, responsable de la région Nord-Pas de Calais et de Champagne – Ardennes, est appelé « Le Capitaine » par tous les griffonniers du nord de la France.

Fred Legland : Dites nous Gérard, depuis quand élevez vous ?

Gérard Hocquet : En fait, c’est mon père André Hocquet qui créa l’Etoile d’Heudicourt en 1936, avec notamment deux chiens, Lubie de Poix et Jika du Seuwez ( voir PDF attachés), par la suite il éleva également des chevaux, en gardant le même affixe. A mon retour de la guerre d’Algérie, je repris donc tout naturellement la suite, m’investissant comme responsable régional au niveau du club dont j’ai connu les six derniers Présidents : Mr Urbain FAVRE, Mr Yves Droit, Me Lay, le Dr Rocheboeuf, Mr Jacques CARPENTIER et Mr André GALLET-LACHAISE.

FL : Si mes renseignements sont exacts, vous participez également au fonctionnement du club  du Korthals comme responsable Nord-Pas de Calais et Champagne-Ardennes, mais aussi comme membre du comité de la SC Nord –Pas de Calais et contrôleur d’élevage !

GH : (petit rire) C’est exact, je vois qu’il y en a qui sont bien renseignés ….

FL : Combien de chiens avez-vous au chenil ?

GH :  Autrefois plus de 50, mais maintenant vu mon âge, une dizaine d’adultes, avec trois portées par an, me suffisent à entretenir ma passion pour les griffons.

FL : Vous présentez en expo, mais aussi en field qui dresse vos chiens ?

GH : L’éducation de base et l’ébauche du dressage sont toujours réalisées par mes soins, mais la finition est confiée à un professionnel qui récupère ainsi un chien qui sait déjà lire et écrire, mais peut être pas encore servir à table !

FL : Dans les chiens issus de votre élevage, quels sont ceux qui ont marqué votre esprit par leurs résultats en travail.

GH : IL y en a beaucoup, mais spontanément je peux citer : Uron, Arthus, Tyr, Titou, Nalko, Eros, Balzane et aussi Olaf pour ses résultats en expo.

FL : Avez-vous eu aussi des « Etoile d’Heudicourt » qui ont brillé à l’étranger ?

GH : Bien sûr ! Comme Icare par exemple qui fut champion de travail au Canada ou Picsou qui fut champion de beauté en 2003 en Belgique.

FL : Quel jugement portez vous sur l’évolution de la race du griffon.

GH : Globalement, la race se porte bien mais depuis une bonne vingtaine d’année, comme chez tous les continentaux, nous avons vu augmenter leurs moyens et diminuer leur rusticité. Les poils bien qu’il y en ait toujours eu de différentes longueurs, en fonction des différents courants de sang, sont aujourd’hui généralement plus courts qu’autrefois.

FL : Qu’attendez vous de votre club ?

GH : Plus d’informations si possible et surtout plus de pouvoir pour les responsables de région qui sont près du terrain et doivent pouvoir réagir plus rapidement qu’autrefois où les informations de toutes sortes circulaient moins vite. Il serait souhaitable également, de favoriser le développement des FTI pour intéresser les chasseurs non trialisants.

FL : Enfin Gérard, avant de nous quitter, si vous aviez un conseil à formuler à un jeune griffonnier, quel serait-il ?

GH : Et bien, je lui dirais de se rapprocher d’un plus ancien qui n’hésitera jamais à lui donner des bons conseils et je lui dirais aussi de s’attacher à produire du bon et du beau.

L’Etoile d’Heudicourt
4, rue de la Ville
Heudicourt 80122
03 22 86 81 47

Réflexions sur les orientations de l'élevage du griffon korthals

Dr Pierre DEBRET

La sélection par consanguinité ne se fait-elle pas au détriment de la résistance ?

Il est vrai que plus une lignée est consanguine moins les individus sont résistants au niveau immunitaire par exemple, avec aussi assez souvent des portées moins nombreuses. C’est la raison pour laquelle il est important pour notre race d’avoir des lignées différentes et assez indépendantes, en croisant de temps en temps ces lignées, on apporte un patrimoine génétique différent et on redonne alors de la vigueur aux individus produits, c’est le phénomène d’hétérosis bien connu des généticiens. En conclusion, avec la consanguinité, on fixe les caractères mais il faut être raisonnable et sortir de sa lignée de temps en temps en allant chercher un étalon d’une lignée différente. Par contre, il est complètement interdit chez les griffons korthals d’aller retremper avec une race étrangère ce dont nous n’avons nul besoin étant donnée la richesse de notre cheptel.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que les chiens de concours sont des
chiens de cirque ?


Que fait de plus un chien de concours qu’un chien de chasse de base ? Il présente une quête régulière, son arrêt est très ferme, il est sage à l’envol et va chercher à l’ordre en donnant assis à la main. Est-ce vraiment si artificiel ? J e ne le pense franchement pas car nombre de chiens réalisent ces actions de façon spontanée après quelques années d’expérience, ils le font alors par souci d’efficacité pour la quête et l’arrêt ou tout simplement pour faire plaisir à leur maître en ce qui concerne le rapport. Pour le chien de concours, ce qui est difficile, c’est la formation accélérée (puisqu’ils sont en compétition à 2ans) et la perfection de l’exécution et c’est là que l’action du dresseur est primordiale. Pour ce qui est des allures et de la puissance de nez, de la façon de prendre l’arrêt, c’est uniquement une question d’instinct et là, le chien de chasse et le chien de concours sont sur ces points à égalité.

Qu’ont de plus les chiens de concours ?

Quand j’observe des jeunes korthals qui viennent dans les TAN, je trouve que nous avons une chance énorme. Les chiens qui souvent n’ont vu que l’environnement de leur maître, mis en présence de gibier d’élevage, déclenchent pour la plupart des réflexes de chien de chasse : l’arrêt puis la poursuite du gibier. Une grande majorité va rapporter d’instinct après quelques jours de chasse et s’élancer à l’eau si une pièce est tombée dans une mare. Rares sont les korthals qui oublient leur maître à la chasse, la majorité est tellement proche de leur propriétaire qu’elle va toujours chasser dans un rayon d’efficacité raisonnable. Le chasseur de base est donc comblé et s’il veut participer à des chasses en groupe, il lui faudra par contre ajouter un zeste de discipline pour ne pas gêner les voisins. Pour décider qu’un jeune chien peut entamer une carrière de chien de concours, il faut que celui-ci ait en plus une passion énorme, ce sera son moteur. Cette passion lui permettra de supporter le dressage car, même avec un peu de contrainte, il repartira toujours pour essayer de trouver un nouveau gibier et pour ainsi assimiler plus vite son dressage. Vous comprenez aisément que ces chiens vont apporter énormément à la race puisque la passion est aussi très importante pour le chien de chasse de base.

Quand je fréquente les territoires de chasse et que j’observe les auxiliaires de certains de mes voisins, je m’aperçois qu’il existe des chiens de chasse qui auraient pu faire une belle carrière de field-trial. C’est donc parfois pour les meilleurs éléments le conditionnement par le maître qui va faire la différence. On essaie par exemple de ne pas chasser le lapin avec un futur champion, ainsi il sera moins tenté de nasiller et prendra plus facilement les émanations de gibier à plumes avec le nez haut. On va essayer également de le faire chasser sur un laps de temps réduit afin qu’il reste concentré. C’est cette faculté de concentration qui va lui permettre pendant le concours de ne faire aucune faute et de gagner.
Ce sera grâce à ces bonnes habitudes acquises, à cette faculté de concentration, mais aussi grâce à un dressage approprié et sans faille que le chien va pouvoir exprimer ses qualités de nez et d’intelligence sur le gibier.

Existe-t-il vraiment un décalage entre les chiens de concours et de chasse pratique ?

Je puis vous dire que les griffons korthals de concours sont des auxiliaires de chasse exceptionnels. Il suffit de contempler le palmarès des concours sur bécasses qui n’ont rien d’artificiel pour prouver que nos chiens primés sur faisans sont d’une grande efficacité sur gibier naturel. Dans ce type de concours, la passion est primordiale et l’instinct de trouveur indispensable. 2009 fut un cru exceptionnel puisque les huit premiers chiens au classement de la clochette sont des griffons korthals et cette année, cinq sur les neuf premiers sont de nouveau des barbus.

La course vers l’élite et la vitesse ne se fait-elle pas aux dépens de l’efficacité ?

Pour nos griffons korthals, la course vers la vitesse n’est pas recherchée. Bien entendu, l’allure en concours est le galop mais ce galop ne doit être ni trop rapide ni trop nerveux. Par contre, la course vers l’élitisme en suivant le standard de travail ne peut faire que progresser la race. En concours, c’est quand même en partie l’efficacité qui est récompensée et on ne peut quand même pas accuser l’élite d’être trop efficace. Il faut cependant rester vigilant à ce que nos chiens gardent leur rusticité légendaire qui leur permet d’aller à l’eau, d’explorer les terrains broussailleux, marécageux et autres. Tout ceci se juge à la chasse et c’est donc bien la preuve qu’une partie de la sélection s’effectue aussi par les éleveurs sur les terrains de chasse.

Comment passer de 20 minutes de concours à 7 heures de chasse ?

Comme je vous le disais précédemment, c’est un problème de conditionnement et de métabolisme. Quand on emmène un chien sortant des field-trials à la chasse, il va régler de lui-même son effort sur la journée. Ceci ne m’a jamais posé de problème avec mes korthals.

La recherche de l’excellence n’est-elle pas à terme un risque pour la race ?

Une race de chien de chasse comme le korthals est un ensemble, elle est identifiée par son standard qui décrit des points précis (par exemple la texture du poil). Ces points doivent être respectés pour que le sujet puisse valider ses résultats en concours. Ceci est primordial si l’on veut garder l’identité de chaque race, nos juges de standard ont donc ici une grande importance. Pour progresser dans la race, Korthals utilisait déjà la consanguinité qui permet de fixer les caractères, et la sélection qui permet d’éliminer de la reproduction les sujets hors-type ou présentant des défauts, cette sélection rigoureuse devant également s’effectuer sur les terrains de chasse ou de concours.

Pour conclure, je pense que nous avons un cheptel tout à fait intéressant pour le chasseur de base (des chiens “arrêteurs“ et rapportant facilement), une classe de chiens de concours de bon niveau qu’il faut maintenir dans le type car ce seront les reproducteurs de choix pour améliorer les performances des plus modestes.
Si la tendance aujourd’hui est de mettre l’accent sur le respect du type, ce qui est tout à fait normal, je dirai que demain il faudra surveiller le maintien de la rusticité et du caractère tranquille qui caractérise notre griffon.
Comme vous le voyez, notre Club qui travaille beaucoup sur la qualité du cheptel, doit maintenir son effort pour que le griffon korthals reste au plus haut niveau des concours de field-trial mais aussi et surtout pour qu’il reste l’auxiliaire préféré des chasseurs.

Pierre Debret
Vice-Président du Club Français du Griffon d’arrêt à Poil Dur Korthals